Chapitre II : La méthode en homologie

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Il me faut présenter la méthode qui permet de dégager les homologies historiques et définir en conséquence ce que sera une homologie historique.

Mais jetons d'abord un coup d'œil pour découvrir comment ce concept d'homologie est perçu et utilisé dans certaines disciplines scientifiques. On sera particulièrement attentif aux mathémathiques où le terme naquit. J'ai exploité le Dictionnaire International des Termes littéraires et l'Encyclopaedia Universalis (E-U) pour dégager la notion.

Dans le Dictionnaire International des Termes Littéraires :

1. Sens courant : (L'homologie est une) Correspondance de place, de forme, de fonction entre deux classes de phénomènes. (Adj.) Par extension) : Équivalent.    

2. Sciences: (Chimie). Corps homologues: Substances organiques qui remplissent les mêmes fonctions, suivent les mêmes lois de métamorphose. (Anatomie).  parties homologues :  Éléments qu'on peut considérer comme étant les mêmes d'une espèce à l'autre, quelles que soient d'ailleurs les variétés de forme et de volume. (Géométrie. D'après Poncelet). Correspondance de deux figures telles que les points correspondants de l'une et de l'autre sont deux à deux sur des droites concourant en un point unique et que les deux points correspondants de l'autre se croisent sur une droite unique; tout comme un mode de déformation des lignes et des surfaces.

3. Rhétorique : Figure fondée sur la redondance du signifiant permettant de faire apparaître une différence au-delà d'une similarité de formes. Elle est utilisée par exemple pour faire une concession : « il y a bien similarité (homologie) dans les apparences, les formes, les mots, etc., mais il y a une différence de substance », ou, au contraire, pour induire une identité de substance: «si ceci est vrai dans ce paradigme, on peut supposer que ce sera vérifié dans un paradigme homologue».

4.Sociocritique : Relation entre les faits sociaux et la production artistique, intellectuelle, littéraire. En particulier: (Lucien Goldmann). Équivalence, correspondance entre deux ou plusieurs structures, par exemple entre l'œuvre littéraire et la classe sociale, entre la forme textuelle, la structure sociale et la vision du monde.

5. Pierre Bourdieu : Collusion, lien entre l'art et la réalité économique.

 

Dans L'Encyclopaedia Universalis

Les approches sont nombreuses ; passons en revue quelques unes d'entre elles :

En Mathématique

Dans son acception ancienne, venue des mathématiques, l'analogie était une identité de proportions, de rapports. Si a/b = c/d, on peut dire que a est à b ce que c est à d. Ainsi, deux objets dont certaines dimensions homologues sont dans le même rapport peuvent être dits, en vertu de cette définition, analogues. Le fait que les grandeurs à comparer doivent être homologues n'est pas sans importance. L'idée d'homologie impose que l'on ne mette en correspondance, par leurs dimensions, que des parties qui jouent, dans les objets auxquels elles appartiennent, des rôles équivalents. Par exemple, un rectangle et un triangle ne peuvent pas être dits analogues, même si le rapport de certaines de leurs dimensions prises deux à deux est identique. En revanche, deux rectangles dont le rapport longueur/largeur est le même sont analogues dans le cadre de cette première définition de l'analogie. On dit même dans ce cas, étendu à chaque type de figure géométrique, que les figures considérées sont semblables.

Limitée d'abord à cette définition mathématique, la signification du concept d'analogie a évolué au cours du temps, dans le sens d'un assouplissement vis-à-vis des contraintes géométriques et métriques initiales. Mais le contenu sous-jacent, exprimé par les mots qu'on a dû employer ici pour préciser la première définition (homologue, équivalent, semblable), a subsisté. On y retrouve essentiellement l'idée de ressemblance, qui implique elle-même l'existence à la fois de points communs et de différences.

On peut également trouver cette rapide définition : Les homologies sont les composées d'une perspective et d'un rabattement.

En anatomie ; Morphogénèse ; Sciences naturelles :

L'étude anatomique et morphogénétique de la mandibule et de l'oreille moyenne, chez les Reptiles et les Mammifères, a permis d'établir une théorie synthétique (...) parfaitement étayée à l'heure actuelle, qui aboutit à dresser les homologies suivantes : la columelle, le carré, l'articulaire et l'angulaire des Reptiles correspondent respectivement à l'étrier, à l'enclume, au marteau et au tympanique des Mammifères. (E.U)

Dans la revue « COURRIER,

n°12 du 14 décembre 1998, on peut lire sous la plume d'un lecteur :

« L'homologie est une parenté évolutive. La parenté de certains des gènes utilisés dans la morphogenèse des appendices d'insectes avec ceux utilisés dans la morphogenèse des membres de vertébrés ne laisse que peu de place au doute. L'hypothèse de cette homologie est fondée sur la grande similitude des gènes des uns (ici les mammifères) et des autres (ici la drosophile) ».

Dans un site internet

On peut lire cette définition appliquée en Sciences Naturelles :

(L'homologie est) La relation entre les parties qui résulte de leur développement embryogénique correspondant, soit chez des êtres différents, comme dans le cas du bras de l'homme, la jambe de devant du quadrupède et l'aile d'un oiseau ; ou dans le même individu, comme dans le cas des jambes de devant et de derrière chez les quadrupèdes, et les segments ou anneaux et leurs appendices dont se compose le corps d'un ver ou d'un centipède. Cette dernière homologie est appelée homologie sériale. Les parties qui sont en telle relation l'une avec l'autre sont dites homologues, et une telle partie ou un tel organe est appelé l'homologue de l'autre.      

Et en Histoire ?

Rappelons ci-après les caractères relevés dans une homologie. Il faudra bien retrouver ces caractères dans notre homologie appliquée à l'Histoire. Il y aurait donc homologie historique quand on constaterait :

  1. une correspondance de place, de forme, de fonction entre deux classes de phénomènes 
  2. que les homologues remplissent les mêmes fonctions et suivent les mêmes lois de métamorphose 
  3. que les grandeurs à comparer sont également homologues; ce fait n'étant pas sans importance. 
  4. l'existence d'une ressemblance; ce fait impliquant à la fois l'existence de points de ressemblances et de différences. 
  5. une parenté évolutive.

L'homologie appliquée à l'histoire intègre obligatoirement les notions relevées ci-dessus... Il convient en conséquence de la définir plus précisément pour suivre son application dans une vingtaine de chapitres qui en éclairent l'emploi. En définitive, le concept d'homologie appliqué obéira aux notions suivantes :

1 - La similitude

Cette notion ne concernent que «les éléments qui se ressemblent », un peu comme les enfants ressemblent aux parents. En présence d'homologues historiques, je serai donc en présence de phénomènes qui auront un air évident de famille : ainsi, le phénomène de la « colonisation » durant l'antiquité ressemble plus ou moins à la colonisation moderne au point qu'en Histoire on utilise le même vocabulaire pour décrire deux phénomènes décalés chronologiquement. J'ajouterai que la similitude sera évidente du genre de celle qui apparaît immédiatement entre le siècle de Périclès et le siècle de Louis Quatorze. Mais l'analyse a mis ici le doigt sur des temps "glorieux" peut aussi bien montrer un recul, une récession, une chute, une colonisation...

2 - Le rapport d'échelle

Je peux résumer cette notion en parlant d'un effet de zoom. Les éléments sont semblables mais il existe un rapport de grandeur entre les éléments comparés. Si en valeur absolue le monde athénien est plus petit que le monde louis quatorzien, on constatera cependant que, replacés dans leurs univers respectifs, des éléments à comparer possèdent alors des valeurs relatives très proches. Et, pour rester sur cet exemple, Athènes et la France qui dominèrent nettement le monde en leur époque sont nettement homologues même si l'Attique est plus petite que l'Hexagone ; on notera toutefois que l'Attique vaut grosso modo l'Argolide, la Messénie voire l'Eubée tout comme l'Hexagone vaut l'Allemagne voire la Grande Bretagne ou peu s'en faut.

3 - La notion de filiation

Cela fait ressortir le rôle du secteur géographique, du bassin culturel ou tout simplement la filiation culturelle. Tous les cas étudiés se rattacheront à notre héritage culturel ou seront en filiation culturelle avec le monde gréco-romain. Il s'ensuit que l'origine relève du monde minoen, cycladique, mycénien ; que le moyen terme sera plutôt le bassin méditerranéen oriental, puis méditerranéen pour devenir l'Europe élargie au monde occidental qui globalise ce dernier. Mes exemples ne pourront jamais sortir du cadre défini ici. Mettant les règnes d'Alexandre et de Napoléon en homologie, on voit bien que Napoléon appartient à la filiation d'Alexandre même si l'un se perd dans le désert chaud d'Aragosie quand l'autre se perdra dans l'hiver russe.

4 - La notion de perspective.

Les éléments les plus anciens seront « plus petits » que les éléments les « plus récents ». Les homologues forment, pour le moins, une paire d'éléments à comparer dont le plus ancien des éléments appartiendra toujours au monde antique. Cet élément ancien aura toujours une ampleur moindre que celle qui apparaîtra chez l'élément le plus récent. Comparant Rome aux Etats-Unis, on saisit bien ici l'infériorité de Rome dans cette comparaison : population, aire, puissance militaire. Il en sera de même pour tous les homologues « plus petits » que nous appellerons antiques par commodité. Les homologues antiques sont plus petits que leurs homologues récents. (On voit d'ailleurs que cette notion est en redondance avec l'effet de zoom).

5 - L'évidence

L'homologie étant une ressemblance, une similitude de fond, on ne comprendrait pas que ces critères ne puissent pas « sauter aux yeux ». J'avance ici un critère qui est l'évidence des homologies. Celui qui connaît l'histoire de Rome peut admettre sans douleur l'homologie entre Rome et les Etats-Unis. De même, quand j'annonce l'homologie entre le siècle de Périclès et le siècle de Louis XIV, l'évidence de l'homologie est immédiatement perçue. On verra que des cas sembleront plus douteux au premier abord mais l'homologie se révèlera clairement après avoir entrevu des relations homologiques « multipolaires » évidentes. (voir NIII et Pyrrhus).

6 - La distance chronologique

On verra que l'écart chronologique qui apparaîtra à l'issue des mises en homologie oscille autour de 2150 ans. Cette valeur est apparue au cours des différents essais et si je ne m'en explique pas l'origine, cette valeur n'en existe pas moins. Il faudra l'accepter comme telle avant de vérifier la pertinence de l'homologie et la valeur de ce « pas temporel ». Si l'on admet que pi vaut 3,14 et qu'il nous donne le rapport entre la circonférence et le rayon d'un cercle, on pourrait bien être amené à accepter que 2150 ans mesurent la distance entre deux homologues, ou peu sans faut ; on pourrait ici voir la notion de perspective qui existe dans une relation mathématique entre deux homologues. Ceux qui voudront en chercher les raisons ont le champ libre ! Traduit-elle, dans notre monde gréco-latin-européen, la durée nécessaire pour passer d'une forme à une autre forme ? Certains en débattront ; moi, je constate, je vérifie et j'espère faire reconnaître « l'homologie historique ».

7 - L'homologie sérielle...

Enfin, et le fait me paraît capital, on constatera qu'une homologie n'apparaît jamais seule. Elle entraîne avec elle des séries homologiques si complètes que celles-ci finissent par ne faire qu'un !

Quand on procède à l'analyse homologique entre la France et Athènes, on détecte celle qui existe entre l'Angleterre et Sparte. Ces deux séries qui se développent permettent alors de débusquer celle qui existe entre la Perse et l'Espagne et ainsi de suite ! De proche en proche, on obtient deux séries homologiques qui matérialisent des bandes chronhomologiques qui mettent en évidence un cycle de 2150 ans pour appeler chat un chat. Cela fut ma plus grande surprise. Et il suffira de suivre ces séries et ses homologues pour constater l'existence du fait.

Autour de la notion

Dans une comparaison, on met face à face deux éléments, le premier peut être appelé « le comparant » et le second « le comparé », le premier vaut le second et inversement. Le terme « homologue » convient aux besoins de la recherche ; d'emblée les deux termes apparaissent dans leur spécificité, il n'y a jamais égalité mais toujours similitude. Le terme se décline très aisément : une homologie, des homologues, une relation homologique, et même homologiquement... Ainsi Alexandre le Grand et Napoléon sont comparés et, si l'on trouve des ressemblances conformes aux critères définis, on dira qu'ils sont homologues.

Faire une homologie en histoire, c'est extraire d'abord des points communs issus de deux mondes entièrement différents mais dont la filiation entre les mondes est certaine, un peu comme en morphogenèse ; la différence constatée entre les homologues n'est donc pas de celle qui permet de distinguer la carpe du lapin 

On peut imaginer un historien portant des lunettes qui permettraient d'avoir une vue globale sur l'histoire ; un opticien dirait de ces lunettes portées par notre historien, que le foyer focal de chaque verre permet de voir simultanément deux tableaux décalés chronologiquement de 2150 ans...Une vue sur le monde antique, une autre vue sur le monde moderne mais les lunettes sont réglées pour ne voir que le même rôle, la même fonction. On calera sa vue pour ne voir que la nature et l'organisation du pouvoir, pour ne voir que le fonctionnement des « Etats », pour n'observer que le mouvement qui mène de l'apogée au déclin, pour n'observer que la synchronie des perturbations, pour n'observer que les conflits, pour n'apprécier que l'air du temps... On sera attentif également aux changements et fractures qui seront en phase chez les homologues. Si deux homologues sont annoncés comme tels, on n'observera pas que l'un est en déclin quand l'autre arrive à l'apogée ; le cas échéant infirme l'homologie... Cette remarque met le doigt sur la constance des rapports. Sur le fond, le principe de causalité n'est guère violé puisque d'emblée, les mêmes causes produisent les mêmes effets : les homologues évoluent en quelque sorte dans la même seringue causale qui assure l'homologie de leur destin.

D'une façon générale, on constatera une réelle cohérence entre ceux qui sont déclarés comme homologues. Si Alexandre et Napoléon sont homologues, on comprend que la fulgurance de leurs actions apparaît, mais apparaîtra surtout leur « poids » respectif dans l'histoire ; quand on constate que tous deux ont failli se jeter dans une aventure située à l'opposé de leur destination finale (vers Rome pour l'un, vers l'Amérique pour l'autre), on verra que leur homologie est renforcée par toute une série de points qu'il est inutile d'examiner pour le moment. On aura compris qu'une homologie ne peut se satisfaire de relations bilatérales, toute homologie devra montrer des relations multilatérales sous peine de ne pas être validée...

Il va de soi que les homologies seront également cohérentes chronologiquement et toute série d'événements réputés homologues sera cohérente dans les deux bandes chronologiques qui en découlent. Pour revenir à un exemple, Pyrrhus, grand admirateur d'Alexandre, est un grand général. Conquérant malheureux, il subit un échec hors de son monde d'origine, son vainqueur sera le Romain naissant, il aura une fin misérable dans son monde d'origine ; tous ces faits impliquent un homologue postérieur et qui se réclamera de Napoléon Ier, qui sera également un conquérant malheureux, qui affrontera le monde américain pour subir un échec majeur et qui, lui aussi, finira lamentablement. Certains auront des difficultés pour accepter NIII. Il faudra s'interdire de refuser d'emblée mais creuser l'idée qui se sera imposée d'elle-même.

Il ne reste plus qu'à se laisser entraîner dans une vision bizarre mais féconde de l'Histoire de l'homme occidental. Pour rendre la lecture des homologies détaillées plus attractive, la  présentation fonctionnera plutôt « en marche arrière ». Cela permettra à nos contemporains d'employer leur propre vécu pour vérifier le bien-fondé des propositions. Cela présente en outre l'avantage de s'en tenir strictement à une observation générale qui exploite une Histoire « académique ». Rien, à aucun moment, ne saurait mettre en cause ou en doute le principe de causalité.

Le pas temporel

En Histoire, la chronologie est essentielle, son absence est impossible. Comment faire pour trouver deux éléments que l'on comparera ? Le flair ? Le flair qui permet de détecter les éléments homologues, Napoléon et Alexandre par exemple, n'est pas un outil sérieux d'autant qu'il n'est pas transmissible entre chercheurs. Cela aide mais ne peut intervenir dans une démarche rationnelle. Puisque les grandes comparaisons entraperçues précédemment étaient distantes d'environ 2150 ans, pourquoi changer de « distance chronologique »  entre les deux homologues? Libre aux uns et aux autres de choisir une autre durée, ils peuvent toujours espérer mais pourquoi changer ici la valeur d'un paramètre qui a déjà permis une récolte abondante ? Cette durée qui permet de calculer l'écart chronologique entre deux homologues sera notre référence et sera appelée «écart chronhomologique». Ces 2150 ans ne sont d'ailleurs fournis ici qu'à titre indicatif et l'on verra que cette durée est plutôt élastique durant les périodes médiévales. 

Aussitôt se pose la question de l'écart acceptable entre cette  durée trouvée de façon expérimentale et celle qui permettra de retenir un cas précis dans le cadre de l'analyse. Quelle tolérance faut-il se donner pour accepter ou refuser l'examen d'un cas tout en respectant l'écart chronologique « standard »? Ce problème de tolérance est capital en sciences dites exactes, il a même généré une discipline, la métrologie. En métrologie, on parle d'écart ; la mesure acceptable donnée au final est toujours encadrée. Deux éléments séparés par 2100 années peuvent-ils être pris en considération ?  Et quand l'écart est de 2050 ans, voire 2000 ans, peut-on envisager leur homologie ? Il faut stopper les dérives possibles, et pour cela il faut fixer la durée maximale et minimale acceptable. Apparaît alors la notion de fourchette à l'intérieur de laquelle deux éléments homologues devront impérativement se trouver. Il me faut donc tenir compte de ces remarques pour «  encadrer » la mesure de cet écart chronhomologique. Il faut avouer ici qu'aucun élément sérieux ne me permet de résoudre le problème sans passer par l'arbitraire...

En métrologie, c'est l'unité employée ainsi que le nombre de mesures qui déterminent la tolérance finale. Compte tenu de ce fait, que devient alors l'écart de 2150 ans ? Comme l'Histoire décrit des phénomènes humains, il est somme toute acceptable et cohérent de fixer la tolérance à + ou - 80 ans qui correspondent à la durée de vie moyenne de l'homme. (Il est inutile ici d'établir un dogme mais des outils qui permettent une investigation). Cet écart de 80 ans sera ajouté ou retranché aux  2150 ans. Pour rechercher l'homologue d'un événement majeur, il faudra examiner l'Histoire entre 2070 et 2230 ans avant ou après l'événement, jamais en dehors ; des cas tangents apparaîtront, chacun sera juge de la validité de l'homologie proposée. On verra par ailleurs que ces 2150 ans, selon les périodes historiques considérées, ont tendance à prendre une valeur moyenne de l'ordre de 2110 ans et parfois de 2200 ans.

Un petit exercice pratique illustre la définition précédente en prenant deux hommes très célèbres en exemple : Jules César et Charlemagne. Peuvent-ils entrer, ici, dans le cadre d'une recherche en homologie selon les critères fixés ? Pour Charlemagne et César, il y a 44 + 814 soit 858 ans d'écart entre les décès; il sera inutile de vouloir chercher une quelconque homologie puisque le critère chronologique n'est pas respecté. Si nous revenons sur quelques homologies, on constatera que 2150 ans + ou - séparent les siècles de Périclès et de Louis XIV, que 2060 ans séparent Napoléon d'Alexandre etc. On comprend aisément que cette notion est en fait « une condition nécessaire mais non suffisante » qui permet de survoler les époques en donnant des réponses rapides. Par exemple, quelle époque est homologue de la nôtre ? Réponse : 2000 - 2150 = vers -150 ! (-230/-70 pour la fourchette homologique). En 150 avant Jésus Christ nous pouvons découvrir l'époque des Romains qui deviennent « encombrants » pour le monde méditerranéen après avoir détruit Carthage. On appréciera la qualité de la réponse qui rejoint directement certains commentaires d'actualité depuis la disparition du système soviétique...

On notera que si nous comparons nos 80 ans aux 2150 ans de la période homologique, l'importance de la tolérance est de 3,75 % ; cette grandeur est en elle-même très honorable en sciences physiques où les résultats sont encore avalisés quand le calcul d'erreur reste en deçà de 5 % !

Il est possible de fixer le classement chronologique de toutes les homologies en deux colonnes, par exemple, de placer le siècle de Louis XIV à gauche et le siècle de Périclès à droite. On continuera facilement en plaçant Napoléon sous Louis XIV et Alexandre sous Périclès ; Les deux colonnes forment deux bandes chronologiques homologues, on voit dans l'exemple qui est fourni que Carthage est l'homologue du système communiste qui créa l'URSS. La disparition de l'un implique la disparition de l'autre... On constatera qu'on est en présence de deux homologues quand il y aura également homologie des « destins », de l'Histoire. Jamais ne doit apparaître une contradiction, le cas échéant, l'homologie n'existe pas. Par ailleurs, il n'apparaît pas raisonnable de supposer une homologie sans fin, on verra ce qu'il en est. Mais deux événements distants de 2150 ans ne sont pas nécessairement homologues...

Voici un petit morceau de deux bandes chronologiques homologues qui respectent les conditions indiquées.

Siècle de Louis XIV vers 1680

Siècle de Périclès vers 440

2120 ans

Napoléon Ier vers 1804

Alexandre le Grand vers 330

2134 ans

Echec de Napoléon III en Amérique en 1867

Echec de Pyrrhus en « Italie » en 276

2143 ans

USA contre URSS.

Disparition de l'URSS en 1990

Rome affronte Carthage, dernière guerre : 146

2136

Maintenant que le vocabulaire est défini, que la valeur de l'écart ainsi que la « tolérance » sont fixées, il faut alors préciser, bien avant l'étude par elle-même, quelles sont les Histoires qui seront mises à contribution pour aller à la pêche aux homologues. C'est tout naturellement notre civilisation occidentale qui sera mise à contribution ainsi que le monde dont elle est issue. Parmi les ancêtres qui seront mis à contribution, il faut citer en reculant dans le temps :

  • la civilisation occidentale,
  • la civilisation européenne,
  • la civilisation romaine,
  • la civilisation grecque,
  • la civilisation égéenne...

On peut aisément affirmer :

- que la civilisation égéenne accoucha de la civilisation grecque ;

- que la civilisation grecque accoucha de la civilisation romaine;

- que la civilisation romaine accoucha de la civilisation européenne laquelle en fit tout autant avec la civilisation Occidentale.

Apparaît alors une unité de lieu pour les temps anciens : la Méditerranée orientale (mais comment en parler sans voir les Egyptiens, voire les Assyriens?), la Méditerranée centrale, la Méditerranée occidentale pour finir à l'Atlantique.

On constatera que l'aire la plus ancienne est toujours plus petite que l'aire plus récente cela implique finalement que notre époque soit vue sous l'aspect mondial. Pour tenir compte des influences étrangères, on verra tout naturellement que l'aire des Perses et celle des Egyptiens sera prise en considération, relations internationales obligent... Finalement on remarquera que les comparaisons indiquées par les historiens précédemment cités, Toynbee, Will, Tapié et Montanelli, relèvent du champ de la présente observation, c'est pourquoi leurs déclarations seront reprises et développées.

 

Complément à la Méthodologie (par Siegfried de Chaudun)

"La devise générale de l'histoire
devrait être Eadem sed aliter (les
mêmes choses mais d'une autre
manière)."
Schopenhauer.

Michel Cuvillon m'a contacté afin d'apporter un regard critique sur les différents chapitres. Il m’a été donné le plaisir de partager avec lui sa découverte, de discuter, et confronter nos points de vue à propos de l’homologie.

Après avoir lu le travail remarquable de Michel Cuvillon portant sur plus de 4000 ans d’histoire, j'ai pu noter une volonté d’apporter une rationalité dans le développement historique, de faire de l'histoire un objet d'étude scientifique. Voilà ce que se proposent les homologues : permettre à des historiens puis à des politologues et enfin à des experts en géostratégie, de comprendre les lois qui lient les évènements internationaux entre eux. Cela revient, sur un plan philosophique à se poser la question de la cyclicité de l'histoire, c’est-à-dire celle des événements dans le temps. Ce domaine qui était auparavant réservé à des initiés est aujourd'hui, avec une approche rationnelle, accessible aux profanes.

J'ai tout d'abord été surpris par l’approche utilisée par Michel Cuvillon, qui le démarque de beaucoup d’autres auteurs : il s’agit de fonder l’analyse sur les faits et non sur des spéculations mythologiques ou théoriques. On définit par « valeurs pôles », les sept constantes temporelles qui reviennent de façon assez habituelle au long de l’étude comparative. Toutes les valeurs pôles de répétition entre deux événements historiques se situent dans une bande de 72 ans (de 2212 à 2184). On peut tracer une courbe en cloche appelée Gaussienne, dont la valeur pôle maximale se situe à 2148 ans (voir courbe ci-dessous). Cette valeur temporelle est élastique et s'accompagne d'une approximation de +/- 80 ans surtout dans la période du Moyen Age.

cycle_long.png
Schéma Homologique 5 montrant un cycle long de quantum de temps de 2150 ans.

Cette approximation diffère selon les différents auteurs : Christian Turpin 1 constate la valeur de +/- 35 ans pour l'homologie entre la Rome antique et les États-unis et de +/- 25 ans pour l'homologie entre la Macédoine et la France. A long terme nous verrons que cette approximation varie suivant les nations (par leur localisation spatiale) et a pour possible cause les variations de la précession des équinoxes.

En effet, une corrélation spatio-temporelle existe entre le mouvement de précession des équinoxes et l'homologie historique. A l'heure actuelle, nous connaissons précisément les variations du mouvement de précession, lequel est dû à la faible ellipticité de l’axe terrestre dont le point vernal décrit une période de 25 777 ans.

L’observation nous montre une répétition chronhomologique de l'histoire des civilisations dont le quantum 7 de temps est de 2148 ans. On pourra noter que nous ne sommes pas les seuls à avoir remarqué ce quantum, notre apport est d'essayer d'appliquer une démarche rigoureuse (sans négliger des aspects de l'histoire) et scientifique en but de déterminer les lois qui sous-tendent l’homologie.

On observe un mouvement cyclique, c’est-à-dire un mouvement caractérisé par une périodicité de 2148 ans et par une cyclicité, c'est-à-dire par une régularité de l’amplitude.

D’après la théorie des cycles, plus généralement utilisée en économie, il existe 3 types de mouvements cycliques 6 :

  1. Un mouvement alternatif d'amplitude décroissante : à partir d'une impulsion initiale, les oscillations tendent à s'amortir au cours du temps, la valeur de la variable étudiée en fonction du temps tend, en l'absence de nouvelles perturbations, vers un état stable.
  2. Un mouvement alternatif d'amplitude croissante : dans la même hypothèse, les oscillations tendent à s'amplifier au cours du temps et le mouvement est explosif ; on le dit aussi divergent.
  3. Un mouvement alternatif d'amplitude constante : le mouvement est entretenu.

Seul ce dernier type de mouvement, qui présente la caractéristique de s'entretenir de lui-même, est rigoureusement cyclique. Encore que les mouvements observés dans la pratique aient une certaine irrégularité d'amplitude tout aussi bien que de périodicité ; cela n'exclut pas que ces mouvements soient auto-entretenus.

Si, par contre, ils sont convergents, pour expliquer la continuité du mouvement observé il est nécessaire de faire l'hypothèse d'un renouvellement périodique des perturbations, de caractère exogène, qui, en quelque sorte, relance le mouvement d'oscillation suivant une causalité qui lui est extérieure. Ces perturbations peuvent avoir un caractère aléatoire, mais leur distribution dans le temps suit une loi de probabilité permettant de rendre compte de leur périodicité.

Si les mouvements sont divergents, la continuité du mouvement observé pose un problème inverse : pour que ce mouvement n'ait pas un caractère explosif, il faut supposer l'existence de « valeurs-plancher » et de « valeurs-plafond » impliquant des limites à l'amplitude des oscillations. Là encore, il est à prévoir que des phénomènes exogènes interviendront pour limiter le mouvement.

La décomposition statistique des mouvements amène à distinguer entre : - a) un trend, c'est-à-dire un mouvement monotonique traduisant l'existence d'une tendance qui affecte la série observée sur l'ensemble de la période considérée, la période étant entendue ici au sens du temps d'observation des données ; - b) un ou plusieurs mouvements cycliques ; - c) un résidu, de caractère inexpliqué, du moins en tant que mouvement systématique sinon en tant que mouvement aléatoire. Ces mouvements peuvent se combiner entre eux suivant un schéma additif ou un schéma multiplicatif. Dans le premier cas, ils affectent simultanément les données observées tout en restant indépendants les uns des autres. Dans le second cas, ils se renforcent mutuellement.

A priori l’homologie «s’inscrit » dans ce troisième type de mouvement et il est de nature convergente. Il faut préciser à ce stade que l’amplitude ne se répète pas. Mais qu’il s’agit d’une répétition de l’enveloppe de la Gaussienne. Pourquoi y a-t-il entretien ? Cette question est posée aux mathématiciens... La recherche d'une explication de ce cycle peut jouer un rôle déterminant dans le développement de la théorie. En conclusion se trouvent quelques hypothèses de travail et perspectives, que pourront aller chercher les lecteurs plus habitués aux mathématiques et qui désirent creuser un peu plus profondément le problème.

Pour développer une méthode rigoureuse et scientifique, on doit se demander si l’histoire est un savoir ? Ou une science ? Ou une science exacte ?

Tout d’abord l’histoire est-elle une science ?

Un tel sujet a été abordé par différents philosophes. Généralement, on dit que cette question est réductible à un jugement, c’est-à-dire à l’affirmation d'un lien entre 2 concepts : l'histoire = X, la science = Y.

Une enquête sur ces concepts peut seule déterminer si le jugement est analytique (Y déductible de X) ou synthétique (Y juxtaposé à X) pour se rapporter à l’appareil conceptuel kantien.

On peut poser que, tout jugement, qui ne se fonde pas sur le principe d'identité (A=A, l'histoire est l'histoire, la science est la science) est une erreur (confusion entre deux objets).
Il y aura donc toujours au moins deux parties puisque X # Y n'est pas réductible à A=A et que notre sujet n’est pas une tautologie.

Deux éléments indiquent que l'histoire peut prétendre au statut de science, du fait de sa méthode rigoureuse :

  • D’une part, la critique historique, comme critique externe qui porte sur la forme des documents, est critique interne qui porte sur l'esprit des documents.
  • D’autre part, elle fait appel à des connaissances fournies par les sciences auxiliaires : statistiques, radioactivité, science des blasons (Héraldique), études des inscriptions (Epigraphie), étude des écritures anciennes (Paléographie), étude des oeuvres d'art et des monuments anciens (Archéologie), etc.

On peut souligner en outre que les débats entre historiens au sujet de leurs lectures et interprétations des documents sont nombreux, ce qui permet d’effectuer les réajustements nécessaires à toute rigueur.

L'histoire ne peut bénéficier du succès et de la contrainte que seule la méthode expérimentale permet. On ne dispose que de la « succession d’événements » qui forment l’histoire ; donc comment savoir si l’exigence de généralité est vérifiée ? Quoi qu’il en soit, l’histoire reste un savoir dans lequel la distance entre l'événement et sa narration est importante.

L'histoire est enseignée en tant que discours justifié, et à ce titre elle devrait être la même pour tous, mais c’est à condition que l’on comprenne le but de l’histoire comme ressaisissement du cours des événements, en s’abstenant de tout jugement de valeur morale.

La question est donc de savoir, grâce à une enquête sur les concepts de science et d'histoire par quels points on peut les rapprocher et surtout par quels points il faut les éloigner ; l'histoire n'étant peut-être qu'un savoir et non une science.

L’histoire ne s’élabore pas dans le vif de l’action. Avant de pouvoir parler d’histoire, les spécialistes les plus optimistes exigent un recul d’au moins 50 ans. Les faits, au moment où ils se produisent, ne constituent pas le matériau de l’historien. Il lui faut, pour répondre à l’exigence d’impartialité, réunir et confronter des documents de sources diverses (non seulement les interprétations et témoignages des contemporains, mais aussi toutes sortes de documents administratifs, statistiques, etc.) Ce délai semble indispensable.

L'enjeu, l'importance de la question du rapport entre histoire et science, vient de ce que, de la réponse donnée dépendra notre manière d'utiliser l'histoire : ou bien comme un savoir qui permettrait de mieux voir le présent, ou bien comme un récit exact qui permettrait de prévoir, dans le cas où l'histoire serait une science. C’est dans cet esprit que naît la notion d’homologie historique.

L’histoire en tant qu’étude homologique est-elle une science exacte ?

Une science mérite le qualificatif d’exacte lorsqu’elle respecte certains principes. Il existe cinq principes qui ne peuvent en aucun cas être mis en défaut : la loi de dualité (ou de symétrie), la loi de causalité, la loi de séparabilité, la loi de généralité, la loi de conservation de l'énergie.

La loi de dualité stipule que si un événement existe, son opposé existe également. L'homologie respecte cette loi et prend pour point de départ l'observation d'acteurs alliés ou en conflits et qui vont définir un événement historique.

La loi de causalité est respectée : la cause précède l'effet. L'homologie pose une analogie entre une nation du passé et son destin dans le futur séparé de 2148 ans +/- 80 ans. D’un point de vue mathématique, l'homologie ne s'oppose pas à un retour dans le passé, mais à la condition d'introduire la notion de « trajectoire de temps » et de « transformation du temps » qui peut faire varier l'histoire suivant les modifications faites dans le passé. Si tel est le cas, les modifications faites par le passé sont déjà inscrites dans notre histoire. Il n’y a pas de paradoxes temporels.

La loi de séparabilité est respectée : tout sujet a son objet et tout objet a son sujet. Le champ d'étude des homologues est l'histoire des nations sous l'aspect rationnel et déterministe, champ dans lequel se distribuent des jeux de forces.

La loi de généralité peut se vérifier dans le cas de percées scientifiques et technologiques à venir dans un futur possible : à conditions égales, une même cause générera un même effet. Pour ce chapitre, nous nous limiterons à ce point (à l’exception d’un bref aspect philosophique), car cela introduirait un « paramètre dynamique » que l'homologie a repéré, mais qui n’a pas encore été totalement intégré (par exemple les aspects sociologiques et la notion de complexité d'une nation, etc.). L'homologie historique ne traite actuellement que les cas « d'événements stationnaires ».

La loi de conservation de l'énergie se vérifie : cette loi stipule que la nature suit la trajectoire qui minimise son énergie. Les civilisations, empires et nations ont plusieurs destins potentiels, les paramètres physiques et de filiation culturelle imposent une et une seule réalité historique qui est la trajectoire maximale de notre humanité, et que nous appelons histoire.

L'honnêteté scientifique impose un respect absolu de ces lois, et nous éprouvons beaucoup d’humilité face à une telle (re)découverte. L'homologie historique est loin d'être terminée, la méthode utilisée n'est qu'une hypothèse de travail que chacun est libre d'appliquer et de compléter.

Par sa méthode rigoureuse, la science est capable de prévoir. Étant donné les conditions initiales (position et vitesse) d’un jet de pierre, et sa trajectoire parabolique, il est possible pour un physicien de dire avec exactitude où la pierre va tomber. Et l’homologie ? A l’heure actuelle, Christian Turpin (avec sa «théorie de l’Evénémentialité ») s’y essaye, et sur des points très délicats (comme les élections présidentielles, les actions politiques de telle nation), avec plus ou moins de succès. Au stade actuel de l’homologie, nous ne saurions nous avancer à ce point, car nous ne nous sommes intéressés qu’aux grands phénomènes connus et établis. Nous ne faisons pas de prédiction donc, mais tentons d’établir une idée précise d’un futur potentiel. Je citerai l’écrivain et philosophe Paul Valéry : « L'histoire, je le crains, ne nous permet guère de prévoir, mais, associée à l'indépendance d'esprit, elle peut nous aider à mieux voir ».

A-t-on une approche mythologique ?

Au cours de l'histoire, philosophes, scientifiques et historiens se sont plongés dans ce qu'on peut appeler le champ homologique de l'histoire. S'interrogant sur une possible algèbre cosmique, ils prenaient conscience que toutes leurs actions étaient mêlés d'un déterminisme certain. Depuis les Chaldéens (en – 4000) à nos jours, on retrouve la question de savoir si nous sommes libres ou mus par des forces qui nous dépassent.

A Babylone la science, la religion, la divination n'étaient pas dissociables. Les Babyloniens s'interrogeaient sur l'arithmétique du ciel, et compilaient leurs observations sur des tablettes. Encore aujourd'hui, certaines observations mésopotamiennes nous semblent obscures, à l'image de la constante de Ninive. Grâce à des découvertes archéologiques récentes, nous savons qu'ils établissaient un découpage duodécimal de la sphère céleste.

De même, les Égyptiens avaient une connaissance profonde du ciel. On s'interroge encore aujourd'hui sur le zodiaque 2 de Dendérah, formant le plafond du temple dédié à la déesse Hathor. La voûte céleste (Nout) y est représentée par un disque soutenu par quatre femmes aidées par des génies à tête de faucon. Sur son pourtour, les égyptologues nous apprennent qu'on trouve 36 génies symbolisant les 360 jours de l'année égyptienne, et au centre se trouve les constellations formant les 12 signes du zodiaque.

Ce découpage symbolique se retrouve dans les mythes de diverses traditions, qui ont migrés de la Chine au monde Grec (voir à ce sujet les travaux de Jean-Charles Pichon, ou encore certaines communications du GLECS 3 ).

L'approche de l'auteur ne se réclame pas de la mythologie 4 , mais se veut uniquement historique.

La méthode

Préambule :

Si l’homologie est évidente, on peut se demander pourquoi aucun historien ne s'est rendu compte de cette mise en corrélation à 2150 ans d'écart ? En réalité, beaucoup d'historiens ont établi des comparaisons, et clairement perçu diverses analogies. Au chapitre premier introductif, Michel Cuvillon cite quelques historiens de renom, comme Indro Montanelli ou Tocqueville, qui signalent des ressemblances entre la Rome antique et les États-unis d’Amérique.
D’un autre coté, Édouard Will, Mossé, Goukowski relèvent des similitudes entre la Grèce antique du V siècle jusqu’à la période Hellénistique avec notre époque, Européenne et Atlantiste ; mais aussi entre Alexandre le Grand et Napoléon Bonaparte. Toynbee compare la culture gréco-romaine avec le monde occidental, etc. On peut remarquer à notre époque des comportements individualistes, atomistes et instrumentalistes, qui sont comparables à la crise d’identité qui toucha les États hellénistiques du II siècle av. J.-C.

On peut citer de même les nombreuses analogies qui figurent dans des mémoires d’universitaires pour se convaincre des divers rapprochements.

Démarche :

La méthode présentée ici n'est pas figée, elle s'efforce de respecter les lois citées plus haut, tout en élargissant le champ de pensée, et en restant dans une perspective rationnelle et objective. Puis on recentre sur le sujet de l’étude par focalisation.

Le champ d'étude est l'histoire des nations. La chronologie est définie du passé vers le présent. On procède par comparaisons successives. Deux nations sont comparées sur chaque aspect de leur histoire.

Dans un premier temps, nous avons procédé en élargissant progressivement à partir de la culture gréco-latine propre au bassin méditerranéen et en s’y cantonnant. Notre démarche chronologique nous a amené à regarder de près notre époque, celle de Napoléon III, puis celle de Napoléon I et celle de Louis XIV. Nous avons conservé cette optique rétrograde jusqu’au Moyen-âge, pour revenir aux grandes invasions (chapitre XVIII) afin de reboucler. Cette approche rétrograde nous a semblé adaptée pour les lecteurs, afin de faciliter la lecture des divers chapitres. Elle permet de ne jamais dévier de notre objectif, qui consiste à vérifier ce pas chronhomologique et à établir la parfaite cohérence entre les civilisations, empires et nations.

Les connaissances de l’antiquité profonde sont plus délicates car elles nécessitent beaucoup plus de connaissances. Au chapitre XIX on évoque les Hittites, puisque par leurs échanges commerciaux, ils s’inscrivent dans les limites du bassin gréco-latin.

Qu'est-ce qu'une homologie ?

L'origine de ce terme remonte aux mathématiciens grecs qui employaient le terme d'analogie. Son usage premier, en mathématique pythagoricienne, ne présageait aucun glissement : elle définie une identité de proportions, de rapports mathématiques ramenant des termes inégaux proportionnellement comparés à une identité de rapport (si a est à b ce que c est à d, alors a/b = c/d). Ainsi, deux objets, dont certaines dimensions homologues sont dans le même rapport, peuvent être dits, en vertu de cette définition, analogues. Le fait que les grandeurs comparées doivent être homologues n'est pas sans importance. L'idée d'homologie impose que l'on ne mette en correspondance, par leurs dimensions, seulement des parties qui jouent, dans les objets auxquels elles appartiennent, des rôles équivalents. Par exemple, un rectangle et un triangle ne peuvent pas être dits analogues, même si le rapport de certaines de leurs dimensions prises deux à deux sont identiques. En revanche, deux rectangles dont le rapport longueur/largeur est le même sont analogues, dans le cadre de cette première définition de l'analogie. On dit même dans ce cas, étendu à chaque type de figure géométrique, que les figures considérées sont semblables.

Cette capacité à produire l'unité au travers de la pluralité en inscrivant des éléments isolés dans une continuité logique explique son extension aux autres champs de connaissance.

Limitée d'abord à cette définition mathématique, la signification du concept d'analogie a évolué au cours du temps, dans le sens d'un assouplissement vis-à-vis des contraintes géométriques et métriques initiales. Mais le contenu sous-jacent, exprimé par les mots qu'on a dû employer ici pour préciser la première définition (homologue, équivalent, semblable), a subsisté. On y retrouve essentiellement l'idée de ressemblance, qui implique elle-même l'existence à la fois de points communs et de différences.

En histoire, la clef de voûte de l’analogie est la notion d'homologie. On prendra pour définition que deux nations sont homologues ou qu'elles établissent une relation homologique s’il existe une équivalence partielle basée sur une identité de proportions, de rapports. L'idée d'homologie repose ainsi sur la mise en correspondance de parties jouant des rôles équivalents, et ce dans les champs auxquels ils appartiennent.

Que dit l'homologie ?

Que l'ont retrouve des schémas d'interactions de forces similaires à un intervalle de temps régulier, s'appliquant à des civilisations différentes occupant des lieux géographiques distincts.

Corollaire :

Cela implique en premier lieu que les événements dans le temps sont susceptibles de connaître des cycles.
On procède par comparaisons successives, dans un premier temps avec une approche empirique. Deux nations vont être comparées sur chaque aspect de leur histoire.

On constate une homologie entre certaines Civilisations, entre certains Empires, entre certains personnages historiques.

De tels cycles ne sont pas des répétitions : deux séries d'événements historiques en relation d'homologie ne sont pas rigoureusement les mêmes. Par exemple, une guerre passée ne présage pas inévitablement une autre guerre, mais seulement des tensions qui peuvent être résolues par d'autres voies. Pourtant, cela signifie bien que l'originalité dans les faits historiques n'est pas absolue.

Les personnages historiques, comme Louis XIV et Périclès, ne servent que comme référentiels. Certains personnages historiques sont intimement liés à l’histoire de leur nation, par conséquent l’étude homologique sur une nation nous fait graviter autour de ce personnage historique. Précisons qu’il n’y a, en aucun cas, répétition stricto sensu entre divers figures de l’histoire. La recherche d’homologie historique entre des individus n’est pas une méthode fiable, si l’on peut constater l’existence de telles homologies, elles ne sont pas suffisamment fortes pour servir de guide à l’enquête.

Remarque :

L'homologie ne s'applique peut-être pas à tous les cas (chaque peuple, à toutes les époques, sur la totalité du globe). Rien ne justifie une généralisation théorique, et les recherches approfondies restent à mener. Il se peut qu’une valeur limitée de nations suive ce schéma homologique, ce que confirme notre intuition.

Remarque :

L’homologie n'est pas un éternel retour, ce point est développé par Michel Cuvillon dans sa conclusion au chapitre XXVI.

Question : Une nation qui a un homologue pour une période a-t-elle toujours un homologue ?

Premièrement, on constate l’homologie entre Athènes et la France aristocratique, puis entre la Macédoine et la France post-aristocratique. Ou encore entre la Séleucie et l’Allemagne, homologie qui semble fonctionner jusqu’à la deuxième guerre mondiale, avec notamment Hitler étant l’homologue d’Antiochos III, puis, il semble que l’Allemagne soit l’homologue de l’Achaïe (ce qui reste encore à démontrer) ( ?). Ce phénomène se manifeste par des « sauts homologiques ».

Deuxièmement, l’homologie entre la Macédoine et la France succédant à celle de la France et d’Athènes met en évidence un saut qui préserve une continuité.

Et troisièmement, rien n’interdit qu’une nation soit homologue d’elle-même. A première vue, nous n’avons pas de raisons suffisantes pour infirmer cette idée.

Question : Comment établit-on une homologie entre des nations qui sont à la fois alliées et ennemies ?

En décomposant les divers champs dans lequel ils s'affrontent, ou s'allient. On peut citer l’exemple de la guerre qui fut évitée entre les États-Unis et l’URSS, et qui resta à l’état de guerre froide. On regarde le contexte ! Dans ce cas bien précis, il apparaît un univers coupé en deux, l’un mené par les États-Unis et l’autre par l’URSS. Au départ, ces deux puissances sont neutres, il n’y a pas d’alliances, mais chacun est dans son univers. Quand ils se rencontrent sur le même terrain (en Europe, en Asie), ils interviennent et s’opposent. Le problème réside dans leur impérialisme. Impérialismes impliqués par deux systèmes complets qui s’opposent dans une volonté d’hégémonie ; chaque État du monde devait choisir son camp. Dans cette mécanique, Cuba choisit l’URSS. Cette guerre froide faillit éclater en guerre chaude sur la question de l’occupation de Cuba. L’homologie montre une analogie avec la Sicile occupé par les carthaginois, lesquels sont priés de partir.

Quels sont les phénomènes étudiés ?

Des phénomènes majeurs (guerres, grandes crises, etc.) ont étés préférentiellement étudiés (les informations ont été prises auprès d’universitaires à la pointe comme Édouard Will) pour établir des comparaisons.

Les grands phénomènes historiques nous guident, on ne développe surtout pas d’idées personnelles de l’histoire !
Ces grands phénomènes définissent des états stationnaires, mais leur cause est une donnée dynamique. Comme « paramètre dynamique », on peut citer les oppositions entre écoles de pensée philosophiques, économiques, scientifiques, les études démographiques, la question du statut des femmes, etc. Par exemple, dans le cas de la guerre froide, l’opposition entre les idéologies capitalistes et communistes est à la racine du conflit.

Un maximum de données est nécessaire pour mener une étude homologique rigoureuse.

Notre démarche première est empirique, mais au fur et à mesure de l’étude, elle reconnaît des tendances, des ressemblances, elle intègre les paramètres dynamiques adéquats aux situations. Petit à petit, elle s’arme de rigueur, et cela guidé par l’idée qu’il s’agit de vérifier un phénomène vrai et de définir ce qu’il a de vrai.

Cette méthode nous expose au reproche d’aller chercher partout des exemples. Pourtant, on ne fait que relier des événements, et on réduit le champ d’analyse afin de mieux cibler l’homologie possible. L’idée de se limiter à la civilisation gréco-latine se situe dans cette optique. L’image est celle d’un « effet de loupe » (image reprise dans la conclusion). On utilise une loupe avec possibilité de focalisation pour cerner une époque, puis on utilise les commandes réglables afin de réaliser un effet de zoom, puis une dichotomie locale, ce qui nous permet de trancher pour telle ou telle homologie.

Pour les Mathématiciens qui désirent s’attaquer à l’homologie après avoir lu les différents chapitres :

  1. Dans une étude parallèle, je mets en évidence l’existence d’autres cycles l’un dans l’autre qui se superposent suivant une progression en battements d’ondes. Ces cycles sont soumis aussi à des lois qui restent encore à déterminer. 
    battements_ondes.png
  2. Espace et Temps étant indissociables, existe-t-il une corrélation spatiale qui se répéterait à 2150 ans près ? Pour reprendre la remarque 5, plusieurs approches nous sont possibles dont une qui retient mon attention via la notion « d’indice fractal » évoqué par M. Cosandey dans son « introduction à la thalassographie articulée ». David Cosandey constate un même « indice fractal » entre la Grèce et l’Europe par exemple tout en signalant l’analogie historique entre la Grèce et L’Europe ; de quoi donc alimenter cette homologie à 2150 ans près.
     
    Questions sur la nature physique de la cyclicité : Est-ce que l'existence d'une cyclicité d'événements implique une cyclicité du temps ?
     

    Pas une circularité en tout cas. Aucune histoire présente n’est strictement identique à l’histoire passée. Est-ce que le modèle de la spirale conviendrait mieux ? Une « algèbre homologique » pourrait être recherchée par des mathématiciens intéressés par ce sujet. L’expansion du temps mis en évidence par l’astrophysicien Johan Masreliez est-il un facteur nécessaire ?
     
  3. D’un point de vue physique, et en admettant que l’homologie est le résultat d’une action physique « non encore établie ni soupçonnée », l’homologie a mis en évidence deux dimensions du temps. L’une étant le sens du temps, que l’on appelle généralement la causalité, et une dimension cyclique du temps qui implique que le temps a une fréquence, et par là qu’il est énergie. Mes réflexions me font penser qu’il existerait une troisième dimension au temps, qui serait la vitesse de transformation du temps8. On constate que certains événements qui auraient dû se produire dans 60 ans si on suit la logique d’une répétition parfaite (ce qui n’est pas le cas), commencent à se dérouler sous nos yeux. On a pu également constater, et ce grâce à la technologie, que beaucoup d’évènements se sont déroulés en ce siècle (la densité d’informations est beaucoup plus importante en un laps plus court de temps; ce laps est un siècle pour certains et pour d’autres historiens le 20ème siècle aurait débuté en 1914 raccourcissant par là le laps de temps de ce siècle). Il apparaît donc une accélération d’un paquet d’informations. Pour le traiter, on peut considérer le temps comme une onde, où à chaque point de la courbe peut se définir une tangente, définissant par là une vitesse. Serait-il possible de déterminer une «Algèbre Homologique » adéquate via un espace fibré, en introduisant des variétés topologiques différentiables, et muni de relations d’équivalence ?

Siegfried de Chaudun.

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Notes

1 : Turpin C. fut le premier, il y a une trentaine d'années, à proposer une méthode rationnelle dans le cadre de l'Homologie, qu'il baptisa Théorie de l'Evènementialité. Il a crée pour ceux que cela intéresse un centre d'étude évenementielle/Homologique « CNRD » et montre que la théorie de l'Evènementialité (ou de l'Homologie Historique) peut avoir comme application un champ très vaste incluant la politique.

2 : Zodiaque = mot grec zodiakos [kyklos], signifiant "cercle de petits animaux". Le zodiaque est le nom de la zone dans les cieux autour de l'écliptique où sont observés les déplacements du Soleil ainsi que des planètes . La trajectoire du Soleil sur la voûte céleste est l' écliptique. Les planètes et la Lune s'en écartent plus ou moins, et l'on retient comme limite conventionnelle du zodiaque une bande de huit degrés d'arc de part et d'autre de l'écliptique. Le zodiaque est traditionnellement divisé en douze constellations correspondant à douze signes. En fait, l'écliptique traverse treize constellations dans le ciel, mais l'une d'entre elles, Ophiuchus (ou Serpentaire), ne fait pas partie du Zodiaque traditionnel. Les constellations présentes dans le zodiaque sont : le Bélier, le Taureau, les Gémeaux , le Cancer (ou Scarabée), le Lion, la Vierge, la Balance , le Scorpion, Ophiuchus (ou Serpentaire), le Sagittaire , le Capricorne, le Verseau et les Poissons.

3 : GLECS = Groupe Linguistique d'Etudes Chamito-sémitiques. Aussi haut qu’on remonte dans le temps, les langues chamito-sémitiques sont les langues à racines apparentes, de la bordure méridionale et orientale de la Méditerranée (berbère, egyptien, branche couchitique, akkadien, ougaritique, cananéen, moabite, araméen, hébreu, syriaque, arabe, sudarabique, tigré, amharique, gafat, argobba, harari, gouragué, haoussa).

4 : Les vérifications astronomiques ont montré que les mythes zodiacaux se succédaient dans le sens précessionnel, rétrograde par rapport au sens du passage du soleil sur ces signes de l'année, le point vernal suit une cyclicité d'approximativement 25 777 années actuellement. Le point vernal parcourant 1° tous les 71,6 ans. Les mythologues ont montré que nos grandes religions coïncidaient avec les signes du zodiaque, ainsi la religion sumérienne et égyptienne est associé au Taureau suivi du Judaïsme associé au Bélier suivi du Christianisme associé au Poisson. Actuellement nous sommes à environ 7° de la constellation du Verseau. Nous sommes donc dans une phase de transition.

5 La courbe n’est que partielle, elle est en construction. Elle fut mise en évidence par C. Turpin et par nous-mêmes pourtant avec deux méthodes différentes.

6 d’après Encyclopædia Universalis 2005

7 Kepler proposa la valeur de 2136 ans, les Egyptiens ainsi que Platon celle de 2160 ans, Nostradamus celle de 2170 ans, etc. Tous ont eu raison.

8 L’idée d’introduire dans un modèle théorique trois dimensions de temps n’est pas nouvelle. En physique, cette hypothèse de travail a déjà été explorée par le physicien russe Kozyrev.

 

 
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